Papier cachemire, acajou, un piano droit — et la poutre rivetée qui traverse la pièce sans s'excuser.
Plan. XIX, fig. 6 — coupe horizontale CDCent cinq mètres carrés de papier peint et d'acajou, boulonnés au sommet d'une charpente de fer — le seul appartement de Paris que personne ne pouvait louer. Reconstruit ici d'après les plans dessinés par Eiffel lui-même.
Tout ce que vous traversez est repris de la planche XIX de La Tour de trois cents mètres (Eiffel, 1900) : la fig. 6, « Plan du logement de Monsieur Eiffel », coupe horizontale CD, à l'échelle 0m005 par mètre.
Eiffel y nomme lui-même les pièces : salon avec table et sièges, cuisine, office, w.-c., coffre, cabinet de toilette — et deux laboratoires, Physiologie et Optique. Un piano, un canapé, une armoire, un foyer. Aucun lit : il n'y a jamais dormi.
La cage de l'ascenseur Édoux perce le plancher en plein milieu : on habite autour d'elle.
Plus de dix mille becs de gaz en globes opalins dessinaient la Tour ; au sommet, un phare tricolore et deux projecteurs électriques — que la planche situe sur la terrasse même du logement, aux angles — balayaient les monuments de Paris.
En contrebas, le Champ-de-Mars de l'Exposition : la Galerie des Machines, le Dôme central, les fontaines lumineuses. Au-delà, une ville encore éclairée au gaz.
Thomas Edison monte, offre à Eiffel un phonographe et signe le livre d'or, saluant « the brave builder of so gigantic and original a specimen of modern Engineering ». L'appareil est encore là-haut, dans la reconstitution ouverte au public depuis 2015.
Pressez P pour le remettre en marche.
Les cotes, les pièces, la charpente et la terrasse suivent la planche. Les étoffes, le papier cachemire et les boiseries suivent la reconstitution actuelle du sommet. Le mobilier de détail et le tracé exact des rues de Paris sont, eux, une reconstitution plausible : la planche ne les donne pas.